Pour de faux avis sur TripAdvisor, il est condamné à 9 mois de prison

Un fraudeur récidiviste italien, qui publiait de fausses annonces sur TripAdvisor, a été condamné à neuf mois de prison ferme et 8000 euros de dommages et intérêts. Il s’agit de la première peine de prison pour une affaire de ce genre.

Le 12 septembre dernier, le tribunal de Lecce au sud de l’Italie a condamné un fraudeur d’avis en ligne récidiviste. Propriétaire de PromoSalento, une entreprise qui proposait aux restaurants et hôtels de rédiger de faux avis sur la plate-forme américaine Tripadvisor, le fraudeur a été condamné à une peine de neuf mois de prison et 8000 euros d’amende. La plate-forme Tripadvisor, partie civile lors du procès, a salué cette «décision judiciaire décisive». «Écrire de faux avis a toujours été une fraude, mais c’est la première fois que nous voyons une personne condamnée à une peine de prison», a déclaré Brad Young, vice-président de TripAdvisor. Une victoire pour la plate-forme touristique puisque c’est elle qui avait lancé cette enquête en 2015.

Une pratique courante…

L’achat de fausses critiques afin d’être mieux répertorié sur ces sites touristiques, est une pratique connue et de plus en plus répandue. Il y a quelques mois en Russie, à l’aube de la Coupe du Monde de football, une agence de marketing proposait à des restaurateurs de Moscou d’acheter des avis favorables sur TripAdvisor, afin d’accroître leurs réservations.

Par ailleurs, en France, selon la DGCCRF, 35% des avis sur internet ne sont pas conformes. En 2015, à Dijon, un internaute avait d’ailleurs déjà été condamné à ce titre à 2500 euros de dommages et intérêts et 5000 euros de frais de justice pour avoir rédigé un avis négatif à l’encontre d’un restaurant qui n’avait toujours pas ouvert ses portes. L’intention de nuire avait été retenue par la justice.

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Depuis quelques années, la traque s’intensifie contre ces faux avis qui mettent en péril la légitimité de ces sites. «Nous investissons beaucoup dans la prévention contre la fraude et nous obtenons des résultats positifs. Depuis 2015, nous avons mis un terme à l’activité de plus de 60 sociétés qui commercialisaient des avis dans le monde», explique Brad Young.

…de plus en plus surveillée

L’Association française de normalisation (Afnor) a publié en juillet 2013 la première norme qui a pour but de fiabiliser le traitement des avis en ligne de consommateurs. Sont compris dans cette norme: l’interdiction d’acheter des avis et l’identification de l’auteur pour le modérateur, la transparence sur les règles de modération et l’affichage de l’ensemble des avis, ainsi que l’obligation d’un droit de réponse gratuit et publié sous sept jours.

Plus récemment, la réglementation française stipule qu’«à compter du 1er janvier 2018, toute personne dont l’activité consiste à collecter, modérer ou diffuser des avis en ligne de consommateurs devra assurer une information loyale, claire et transparente sur les modalités de publication et de traitement de ces avis», précise la DGCCRF dans un communiqué. Mais les fraudeurs ne risquent en France pour le moment aucune peine de prison.L’objectif de la traque aux fraudeurs menée par les sites d’avis en ligne sera, dans un premier temps, d’éviter que les professionnels ne se fassent passer pour leurs propres clients afin de valoriser leur entreprise, puis de mettre fin aux entreprises illégales comme celle de PromoSalento. Pour autant, les faux commentaires indépendants de personnes isolées restent très compliqués à chasser. C’est d’ailleurs par ce biais isolé qu’à Londres, fin 2017, un journaliste anglais avait réussi a crée un faux restaurant sur TripAdvisor, qui était devenu six mois plus tard, le restaurant le mieux répertorie de la ville, sans jamais avoir servi le moindre plat.

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